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ALG : Le chantier de la reconstruction

L’élimination de l’Algérie dès les seizièmes de finale de la Coupe du monde 2026 a refermé un chapitre qui laisse un goût d’inachevé.

Douze ans après son retour sur la scène mondiale, la sélection nationale nourrissait l’ambition de franchir un nouveau palier et de confirmer sa progression sur l’échiquier international. Au terme de la compétition, le bilan reste pourtant insuffisant avec une victoire, un match nul et deux défaites, tandis que les nombreuses lacunes observées durant le tournoi alimentent désormais une profonde réflexion sur l’avenir des Verts. Comme souvent après une désillusion de cette ampleur, le sélectionneur se retrouve au centre des critiques. Vladimir Petkovic apparaît aujourd’hui comme le principal responsable désigné de cet échec.

Ses choix tactiques, la gestion de son groupe ainsi que certaines décisions prises au cours de la compétition ont suscité de nombreuses interrogations. Dès le premier match face à l’Argentine, plusieurs failles sont apparues dans l’organisation de l’équipe. Malgré les alertes, les ajustements attendus n’ont jamais réellement été visibles au fil du tournoi. Les difficultés dans l’animation offensive, le manque d’équilibre entre les lignes et les problèmes récurrents sur le plan défensif ont accompagné les Verts jusqu’à leur sortie prématurée. Si le départ du technicien suisse semble désormais se préciser, l’analyse de cette campagne mondiale ne peut toutefois se limiter au seul banc de touche.

Une défense en grande souffrance

Le principal chantier mis en évidence par cette Coupe du monde concerne incontestablement le secteur défensif. Avec neuf buts encaissés en quatre rencontres, l’arrière-garde algérienne a affiché des fragilités inhabituelles à ce niveau de compétition. Dans les cages, Luca Zidane n’a pas réussi à apporter toute la sérénité espérée. Devant lui, la défense a souvent souffert dans le placement, les transitions défensives et la gestion des temps faibles. L’association entre Aïssa Mandi et Ramy Bensebaïni, qui devait constituer la colonne vertébrale de l’équipe, a traversé un tournoi particulièrement compliqué. Les erreurs individuelles, les problèmes de coordination et le manque de complémentarité ont régulièrement mis l’équipe en difficulté. Ces insuffisances ont pesé lourd dans le bilan final de la sélection.

Des cadres en dessous des attentes

Au milieu de terrain également, plusieurs joueurs expérimentés n’ont pas répondu aux attentes. Ramiz Zerrouki n’a jamais réussi à s’imposer comme le véritable régulateur du jeu algérien. Quant à Houssem Aouar, il a alterné les prestations intéressantes et les passages plus effacés sans parvenir à exercer une influence constante sur les rencontres. Nabil Bentaleb, attendu pour apporter son expérience et son impact dans l’entrejeu, n’a pas davantage trouvé la régularité nécessaire pour tirer l’équipe vers le haut. En attaque, Amine Gouiri a vécu un tournoi difficile. Utilisé dans différents rôles, l’ancien Rennais n’est jamais parvenu à trouver son meilleur registre ni à se montrer décisif dans les moments importants. Plus globalement, plusieurs leaders techniques de la sélection ont semblé loin de leur meilleur niveau au moment où l’équipe avait le plus besoin d’eux.

Mahrez, l’exception d’un Mondial décevant

Dans ce contexte, Riyad Mahrez fait figure d’exception. Après une entrée en matière compliquée, l’ancien capitaine a progressivement retrouvé son influence au sein du collectif. Son expérience, sa qualité technique et sa capacité à faire la différence ont permis à l’équipe de rester compétitive dans certains moments clés du tournoi. Son départ de la sélection à l’issue de la compétition marque cependant la fin d’une époque. Avec la retraite internationale de l’un des plus grands joueurs de l’histoire du football algérien, les Verts perdent un leader majeur et une référence technique importante.

Une nouvelle génération prête à prendre le relais

Malgré la déception sportive, cette Coupe du monde a également révélé plusieurs motifs d’espoir pour l’avenir. Ibrahim Maza s’est imposé comme la grande satisfaction du tournoi côté algérien. Le jeune milieu offensif a séduit par sa qualité technique, sa créativité et sa maturité dans les moments importants. D’autres jeunes éléments ont également montré un potentiel intéressant. Anis Hadj Moussa, Nadhir Benbouali et Farès Ghedjemis ont laissé entrevoir des qualités prometteuses malgré leur manque d’expérience au plus haut niveau. À cette génération montante, s’ajoutent plusieurs joueurs absents du Mondial mais régulièrement cités parmi les solutions d’avenir, à l’image de Himad Abdelli, Ilan Kebbal ou Abdelkahar Kadri. Leur intégration progressive pourrait constituer l’un des axes prioritaires du prochain projet sportif.

Ouvrir un nouveau cycle

L’heure est désormais à la reconstruction. Entre le départ attendu de Vladimir Petkovic, la retraite internationale de Riyad Mahrez et l’usure progressive de plusieurs cadres historiques, la sélection nationale s’apprête à ouvrir un nouveau chapitre de son histoire. Le principal défi consistera à réussir la transition sans provoquer de rupture brutale. L’Algérie devra trouver le juste équilibre entre l’expérience de certains anciens et l’émergence d’une nouvelle génération ambitieuse. Les enseignements tirés de ce Mondial seront déterminants pour bâtir une équipe capable de rebondir rapidement et de retrouver des ambitions élevées sur la scène africaine et internationale. Car malgré l’échec, plusieurs signaux indiquent que les bases du renouveau existent déjà. Reste désormais à faire les bons choix pour transformer ce potentiel en résultats concrets.

-DJAMEL OUAGLAL

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